Le pantacle des Trois Rois mages fait entrer une scène de l’Épiphanie dans le répertoire des signes de l’abbé Julio. On y découvre des voyageurs attirés par une étoile, en marche vers Bethléem, avec les présents destinés à l’enfant Jésus. Ce caractère narratif le distingue immédiatement des triangles, des croix et des monogrammes du recueil : l’image raconte une rencontre avant de devenir un support de prière.
Julio identifie les personnages à Gaspard, Melchior et Balthazar, noms fixés par la tradition chrétienne occidentale. Sa notice commente également les présents offerts. Elle mérite d’être étudiée en distinguant le récit transmis par l’Évangile selon Matthieu des développements dévotionnels apparus au fil des siècles.
Les repères essentiels
| Tradition | Épiphanie et tradition chrétienne |
|---|---|
| Figure | Étoile de Bethléem, trois mages et offrandes |
| Applications | Intercession et demandes de secours |
| Référence | Abbé Julio, 1908, notice n° 42 |
Lire la symbolique
L’étoile sert de repère sur le chemin. Elle relie visuellement les voyageurs à leur destination, sans faire de la gravure une carte du ciel ou un tableau d’astrologie. Le récit biblique présente cette lumière comme le signe guidant les mages jusqu’à l’enfant. Dans le pantacle, elle résume la recherche, l’orientation et l’arrivée.
La notice nomme Gaspard, Melchior et Balthazar et décrit la myrrhe, l’encens et l’or. Julio interprète ces présents à travers la vie, la divinité et le règne du Christ. L’étoile relie la marche des personnages à leur destination.
Les trois offrandes ont reçu de multiples lectures dans la tradition chrétienne. L’or évoque la royauté du Christ, l’encens sa divinité et la myrrhe sa condition mortelle et sa Passion à venir. Julio reprend ces associations pour expliquer la scène. Elles permettent de lire ensemble les présents, au lieu de traiter l’encens ou la myrrhe comme une liste de matières exigées pour un rituel.
Histoire et traditions
L’Évangile selon Matthieu parle de mages venus d’Orient et indique trois sortes de présents. Il ne précise ni que les visiteurs sont trois, ni qu’ils sont rois, ni qu’ils portent les noms transmis par la tradition. La représentation de trois rois couronnés s’est développée progressivement dans la littérature chrétienne et les arts.
Au début du 20ème siècle, Julio s’appuie sur cette iconographie déjà familière au public. Il la réunit aux pantacles de son ouvrage, aux côtés de figures d’archanges et de symboles de la Passion. Cette continuité avec les images de piété explique pourquoi le sens religieux ne peut pas être réduit à une simple combinaison de couleurs ou de formes.
Les effets attribués
L’application historique donnée à ce signe concerne l’épilepsie et les affections alors qualifiées de nerveuses. Cette attribution est celle de Julio ; la figure est présentée dans son ouvrage comme un support de prière et de dévotion.
L’application conservée par Julio mentionne l’épilepsie et les affections alors qualifiées de nerveuses. C’est une attribution historique relevant de ses conceptions religieuses de la guérison. Elle ne doit pas être reformulée comme une propriété médicale avérée du signe.
L’intérêt de cette notice tient à la manière dont l’auteur relie un épisode de l’enfance du Christ à une demande d’aide pour une personne éprouvée. Le dessin des mages et leurs présents sert de support à cette prière, non de prescription pharmaceutique ni de formule à appliquer sur le corps.
L’usage chez Julio
Julio décrit un signe porté par la personne concernée. Les avis pratiques de l’ouvrage indiquent la bénédiction et la consécration des supports. La notice ne demande pas de déposer physiquement de l’or, de l’encens ou de la myrrhe auprès de l’image.
Le livre décrit le port d’un support préparé par bénédiction et consécration. La notice ne demande pas de brûler les matières figurées, d’offrir de l’or ni de parcourir un chemin symbolique à trois étapes. L’étoile et les présents appartiennent d’abord au récit représenté.
On peut étudier ce pantacle en observant l’ordre des personnages, la place de l’étoile et les trois présents, puis en consultant l’explication de Julio. Cette démarche permet de distinguer l’iconographie transmise par la tradition de l’application qui lui est propre dans le recueil.
Ce qui distingue cette figure
Le Monogramme du Christ et la Sainte Hostie renvoient eux aussi à Jésus, mais sans raconter la visite des mages. L’Agneau appartient, comme les Trois Rois mages, aux images religieuses auxquelles Julio rattache des demandes de secours.
La confrontation de ces fiches révèle une caractéristique du recueil : une figure peut être un récit, un nom ou un emblème, et recevoir néanmoins un emploi dévotionnel précisément défini.
La source et les variantes
Abbé Julio, Le Livre secret des grands exorcismes et bénédictions, Vincennes, chez l’auteur, 1908. Explication et application n° 42, p. 436–437. Avis pratiques sur les supports bénis et consacrés : p. 462–463.
Numérotation du répertoire classique : 15 sur 44. Cette numérotation diffère de l’inventaire des gravures dans les volumes anciens.
Lire la notice dans l’édition de 1908
Image : reproduction historique diffusée par Oracles.ch. La reproduction ne permet pas d’identifier précisément son édition ; elle est conservée à sa définition native, sans redessin des caractères ni agrandissement artificiel. Le texte de la fiche repose sur la notice de 1908.





























