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Adonaï

Pantacles de l’abbé Julio

Adonaï

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Adonaï — pantacle de l’abbé Julio, gravure de 1908

Encres et caractères originaux · extraction à 360 dpi

4 min de lecture
Adonaï — pantacle de l’abbé Julio, gravure de 1908

Le pantacle Adonaï se distingue par la rencontre de deux triangles, l’un dirigé vers le haut et l’autre vers le bas. L’abbé Julio y voit une représentation du macrocosme et du microcosme, c’est-à-dire de l’univers et de l’être humain envisagés dans leur relation au Créateur. Le nom sacré placé au centre donne à cette géométrie une orientation religieuse précise.

Cette figure à six pointes ne doit pas être confondue avec le Pentagramme à cinq pointes du même recueil. Les deux formes appartiennent à l’histoire des signes occultistes occidentaux, mais elles n’ont ni la même construction ni la même notice chez Julio. Il faut aussi considérer les petites inscriptions placées dans les triangles et les lettres grecques alpha et oméga, qui complètent le langage de la planche.

Les repères essentiels

Tradition Nom divin et triangles du monde
Figure Deux triangles entrecroisés, noms Adonaï et IÉVE
Applications Secours dans le péril, l’abandon et le dénuement
Source Abbé Julio, 1908, notice n° 51

Lire la symbolique

Le triangle ascendant et le triangle descendant se croisent pour produire une figure qui rassemble deux directions. Dans la lecture de Julio, leur rencontre évoque le grand monde et le petit monde, le Créateur et ses créatures. La composition met ainsi en rapport la totalité cosmique et l’existence individuelle, plutôt que de désigner un astre ou une planète.

La notice parle du macrocosme et du microcosme et identifie le nom IÉVE au centre. Les petits triangles portent Adonaï. L’alpha et l’oméga renvoient au commencement et à la fin. L’exergue développe le thème de Dieu comme source du salut.

Adonaï est une appellation divine issue de la tradition hébraïque, employée dans le langage biblique pour s’adresser au Seigneur. Julio l’inscrit dans un cadre d’occultisme chrétien aux côtés de sa graphie IÉVE du nom sacré. L’alpha et l’oméga renvoient quant à eux au commencement et à la fin, thème présent dans l’Apocalypse. Il convient de respecter cette superposition historique au lieu de remplacer toutes les inscriptions par un seul alphabet moderne.

Histoire et traditions

Le rapprochement entre macrocosme et microcosme s’est diffusé dans la philosophie antique, l’hermétisme et plusieurs courants de l’ésotérisme européen. L’abbé Julio emploie ce vocabulaire pour exprimer un rapport spirituel entre l’univers et la personne. Sa lecture demeure attachée à la prière chrétienne et aux noms divins qui structurent le signe.

Le Livre secret de 1908 témoigne ainsi d’une rencontre entre différentes strates de tradition. La géométrie ne fonctionne pas comme un simple dessin abstrait : elle sert à inscrire une demande religieuse dans une représentation de l’ordre du monde. Cette conception explique la place importante qu’occupent les lettres sacrées dans la planche.

Les effets attribués

Julio attribue au signe une application dans le péril grave, le désespoir, l’abandon et le dénuement. Le texte donne une place particulière à la demande de secours lorsqu’une personne se sent privée d’appui.

Julio attribue à Adonaï une application dans les situations de péril, d’abandon, de désespoir ou de dénuement. Ces intentions suivent la formule qui présente Dieu comme source du salut. Le signe réunit donc l’idée d’un ordre universel et l’expérience intime d’une personne qui cherche un secours.

Il serait inexact d’en faire un pantacle de richesse automatique au seul motif qu’il évoque le macrocosme et le microcosme. La notice privilégie une supplication adressée à Dieu au moment où les appuis manquent.

L’usage chez Julio

Adonaï se comprend comme un support de supplication préparé selon les avis pratiques de l’ouvrage : bénédiction, consécration et prière. La notice ne donne pas de correspondance planétaire à appliquer aux deux triangles.

Dans le système de Julio, le support est préparé par bénédiction et consécration et accompagne la prière. La notice ne donne pas de planète à assigner aux deux triangles, ni de métal à consacrer sous une heure imposée. Ces détails ne peuvent pas être déduits de la forme sans quitter le texte de l’auteur.

Une bonne lecture passe par trois niveaux : reconnaître les deux triangles, distinguer les noms sacrés et lire la formule de salut. C’est leur association qui détermine le sens de ce pantacle dans le recueil.

Comprendre les différences entre pantacles

Le Père éternel propose lui aussi une supplication directe au Créateur mais avec une image anthropomorphe, tandis que le Triangle divin concentre la lecture sur la Trinité et la formule de garde.

Le Pentagramme possède une autre géométrie et des applications propres. Leur rapprochement est utile pour l’étude des figures, à condition de ne pas les présenter comme des variantes du même dessin.

La source et les variantes

Abbé Julio, Le Livre secret des grands exorcismes et bénédictions, Vincennes, chez l’auteur, 1908. Explication et application n° 51, p. 441–442. Avis pratiques sur les supports bénis et consacrés : p. 462–463.

Numérotation du répertoire classique : 22 sur 44. Cette numérotation diffère de l’inventaire des gravures dans les volumes anciens.

Lire la notice dans l’édition de 1908

Gravure extraite de l’exemplaire numérisé par la Divinity School Library, Duke University / Internet Archive, à 360 dpi. Composition, caractères et couleurs conservés.

Voir la planche ancienne

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